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Le projet en deux mots

Le recyclage du Phosphore (P) issu des matières fertilisantes d’origine résiduaire (MAFOR) permettrait de réduire la pression sur le phosphore issu des roches phosphatées. Le projet RECYPEE a eu pour objectif d’identifier les leviers aux verrous scientifiques et techniques liés à la mise en place de des stratégies de recyclage qui soient adaptées aux besoins et à la disponibilité du P à l’échelle des territoires selon des approches techniques, socio-économiques et environnementales pertinentes.

Contexte et enjeux

Avec une population mondiale croissante, la demande alimentaire s’accroît également, conduisant à une plus forte demande en fertilisants pour répondre aux besoins des cultures. Ces dernières monopolisent 90 % de la demande mondiale de P issu des réserves de phosphate naturel, ressource classée comme matière première critique depuis 2017. Une solution pour pallier l’épuisement de ce phosphore est de recourir aux MAFOR, ayant des teneurs en P telles qu’elles pourraient couvrir l’ensemble des besoins de la production végétale agricole française.
Leur valorisation directe sur les sols agricoles se heurte à des contraintes plus ou moins importantes selon les territoires : difficulté de raisonner la fertilisation phosphatée si la fertilisation est uniquement basée sur l’azote (N) du fait d’un ratio N/P pouvant conduire à un excès de P, présence de contaminants biologiques, organiques et minéraux et de substances émergentes, problème de confiance vis-à-vis de leur épandage par les agriculteurs, etc.

Objectifs

Evaluer finement le potentiel de substitution du P issu des MAFOR nécessite de mettre en place des stratégies de recyclage adaptées aux besoins des territoires qui doivent s’appuyer sur une démarche pertinente d’un point de vue technique, socio-économique et environnemental. Or, cette mise en place se heurte à plusieurs verrous scientifiques : un manque de connaissances sur les potentialités de recyclage en fonction des besoins des territoires et sur les facteurs déterminants l’usage du P issu des MAFOR par les agriculteurs, un besoin d’amélioration des méthodes d’évaluation environnementale telles l’analyse du cycle de vie (ACV) pour appréhender l’incidence du recyclage sur la réduction de la criticité des ressources.
Le projet RECyPEE se propose donc d’apporter des connaissances nouvelles sur le recyclage du P issu des MAFOR, d’identifier les freins techniques, socio-économiques et environnementaux associés à la mise en œuvre de ce recyclage et de proposer des leviers pour y remédier.

Déroulement

Le projet a été organisé autour de trois volets scientifiques et techniques.
Un premier volet a porté sur le développement d’un modèle conceptuel de recyclage contextualisé du P conditionné aux préférences d’usage des agriculteurs. Ce travail de recherche a permis d’intégrer des éléments de contextualisation et de spatialisation dans les méthodes d’évaluation de la criticité des ressources avec un focus sur la ressource phosphore. La méthodologie mise en place s’est appuyée sur :
-    l’estimation des besoins des cultures au regard des contraintes réglementaires d’épandage.
-    L’estimation des gisements de P des MAFOR produites en France.
-    La construction d’un modèle conceptuel de recyclage basé sur l’intégration de drivers (déterminants) identifiés au travers d’enquêtes auprès d’agriculteurs.
Un volet sur l’évaluation environnementale des scénarios de recyclage territorialisés. Ce travail a permis d’identifier les impacts environnementaux de scénarios territorialisés du recyclage du P au moyen de l’ACV mise en œuvre sur le département de l’Allier à partir des préférences d’usage des agriculteurs.
Un volet sur l’identification des déterminants techniques et socio-économiques de l’usage des MAFOR par les agriculteurs. Ce travail a permis d’identifier les déterminants techniques et socio-économiques de l’utilisation des MAFOR par les agriculteurs. Les déterminants sont d’ordre agronomique (valeur fertilisante et potentiel de substitution), technique (qualité d’épandage), logistique (disponibilité et accès à des gisements de proximité), réglementaires et socio-économiques (image des MAFOR, existence d’un marché…).

Résultats obtenus : Innovation, économique, sociaux et environnement

Les principaux freins au recyclage du P issu des MAFOR sont un raisonnement sur la fertilisation azotée uniquement avec une absence de stratégie de fertilisation phosphatée via les MAFOR, des inégalités d’accès aux gisements, la complexité des règlementations, la méfiance des riverains et de certains agriculteurs vis-à-vis de l’épandage des MAFOR.
Les principaux leviers identifiés pour remédier à ces freins reposent sur la sensibilisation des agriculteurs aux risques agronomiques (surdosage de P), la compréhension des stratégies existantes et l’apport de connaissances sur les stratégies possibles de fertilisation phosphatée via les MAFOR, la structuration des filières de recyclage, une communication transparente, la mise en place d’espace de concertation.

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Résultats ACV - Méthode Environmental Footprint v3.1

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Résultats ACV - Méthode Environmental Footprint v3.1

Applications et valorisations

Publications liées au projet RECYPEE : 


 

Coordinateur et partenaires

Détails du projet (dates, durée, montants)

  • Début de projet : Novembre 2021
  • Durée : 39 mois  

Montant total du projet  :  619,1 k€

Montant de l’aide ADEME :  205,4 k€ 

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