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L’étagement altitudinal des secteurs économiques de l’île de La Réunion induit un transport important des biomasses pour mettre en œuvre l’économie circulaire

Contexte et enjeux

Les territoires insulaires tropicaux sont confrontés à des défis majeurs liés à la croissance démographique, au changement climatique et à une forte dépendance aux importations. Dans ces contextes, les biomasses agricoles et industrielles constituent une ressource stratégique pour soutenir les transitions alimentaires, énergétiques et environnementales. À La Réunion, la biomasse est disponible sous différentes formes, notamment les résidus de canne à sucre, les fourrages, les effluents d’élevage, les déchets verts ou les biodéchets alimentaires. Ces ressources peuvent être valorisées selon plusieurs voies, telles que l’alimentation animale, la fertilisation des sols ou la production d’énergie.
Cependant, ces usages multiples peuvent entrer en concurrence et demander des arbitrages complexes pour les acteurs du territoire. L’identification de compromis entre ces différents usages est déterminant pour la transition vers une bioéconomie circulaire. 

Objectifs

Le projet ACOBiom vise à faciliter l’identification de compromis d’usage des sols et des biomasses à La Réunion afin d’éclairer les décideurs publics dans la définition de stratégies territoriales de développement durable.
 

Pour cela, le projet met en œuvre une approche intégrée combinant scénarios participatifs, modélisation spatiale et évaluation multicritère, permettant d’anticiper des impacts environnementaux, économiques et sociaux de différents choix d’usage des terres et des biomasses.
 

Cette démarche fournit des éléments concrets pour appuyer l’élaboration et l’arbitrage des politiques publiques en matière de bioéconomie circulaire et de gestion durable des ressources organiques.
 

© D. Lo Seen Chong, Cirad

Simulation des flux de biomasses entre acteurs selon différents scénarios d’usages des terres agricoles de l’île de La Réunion grâce au COMPROMISATOR, modèle de simulation développé sur la plate-forme OCELET

Déroulement

Le projet s’appuie sur une approche interdisciplinaire combinant participation des acteurs, analyse des flux de biomasses, modélisation spatiale et évaluation multicritère. Le projet mobilise une démarche participative de type living lab associant chercheurs, institutions publiques, acteurs technico-économiques et représentants de la société civile.


Une première étape consiste à caractériser les gisements de biomasses présents sur le territoire réunionnais, en identifiant les principales sources (résidus de cultures, effluents d’élevage, co-produits agricoles et agro-industriels, biodéchets, etc.) et leurs usages actuels.
 

Ensuite des ateliers participatifs permettent aux acteurs du territoire d’élaborer collectivement différents scénarios d’usage des terres et des biomasses, en fonction des priorités et contraintes des filières agricoles, énergétiques et de traitement des déchets.


Les scénarios coconstruits sont analysés à l’échelle de l’île à l’aide de plusieurs outils d’évaluation complémentaires. Une analyse métabolique territoriale permet de quantifier les flux de biomasse et les niveaux d’autonomie alimentaire, énergétique et en intrants agricoles associés à chaque scénario. Les impacts environnementaux sont évalués par analyse de cycle de vie (ACV) territoriale, tandis qu’une évaluation économique permet d’apprécier la viabilité des différents scénarios.


Les résultats de ces analyses sont enfin discutés collectivement avec les participants du living lab afin d’affiner les scénarios proposés et d’identifier les compromis possibles.
 

© D. Josserond, Cirad

Acteurs réfléchissant collectivement à l’évolution souhaitée des usages des terres agricoles de l’île de La Réunion dans le cadre d’un atelier du Living Lab

Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement

Le projet produit des connaissances nouvelles sur les gisements de biomasse et leurs usages dans un contexte insulaire. Les résultats incluent l’identification de scénarios de valorisation permettant d’améliorer l’efficience de l’utilisation des ressources organiques à l’échelle territoriale.
 

Ces travaux contribuent à renforcer l’autonomie du territoire, à réduire les importations d’intrants agricoles et à favoriser le recyclage de la matière organique produite localement. Les résultats permettent également d’éclairer les arbitrages entre différents usages des terres et des biomasses et de soutenir l’élaboration de politiques publiques en faveur de la bioéconomie circulaire.

Applications et valorisations

Les résultats du projet sont valorisés à travers un outil d’aide à la décision, des publications scientifiques et des fiches techniques analysant les divers scénarios co-construits avec les acteurs du living lab. La démarche participative facilite l’appropriation des résultats par les différentes parties prenantes du territoire et contribue à structurer un dialogue transversal inter-filières autour des enjeux de la bioéconomie circulaire.
 

Les méthodes développées dans le projet, notamment en matière de modélisation spatiale et d’évaluation multicritère, et plus largement d’analyse de compromis, sont transférées vers d’autres territoires insulaires et continentaux confrontés à des problématiques similaires de gestion durable des ressources.

Coordinateur et partenaires

Détails du projet (dates, durée, montants)

  • Début de projet : juin 2023
  • Durée : 42 mois  

Montant total du projet  : 362 058 €

Montant de l’aide ADEME : 249 991 €

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