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Contexte et enjeux
Dans le contexte actuel de changements globaux, les systèmes alimentaires doivent s’engager sur un chemin de transition et d’adaptation, notamment par la mise en œuvre d’une bioéconomie qui s’appuie sur des boucles de circularité. Ainsi, la valorisation et le recyclage des biomasses résiduelles, telles que les effluents d’élevage, devra être amplifiée pour être un moteur de la transition écologique. Appliquée à un territoire, cette circularité repose sur l’efficience de la valorisation des biomasses produites et, in fine, sur la valorisation agronomique des biomasses résiduelles. Des approches transdisciplinaires innovantes doivent être développées pour élaborer des solutions fonctionnelles pour la gestion sanitaire de ces systèmes complexes. Le développement d’une méthode d’évaluation ex ante du niveau de résilience d’un territoire vis-à-vis de l’apport involontaire de pathogènes et de bactéries antibiorésistantes est une solution opérationnelle innovante pour maîtriser les impacts sanitaires dans les systèmes alimentaires et dans une approche One Health.
Objectifs
SANI-TTERR a pour objectif de développer un outil d’évaluation environnementale innovant via l’analyse du cycle de vie (ACV) sanitaire spatialisée qui a pour ambition de prendre en compte le risque sanitaire dans l’ACV des filières de valorisation des biomasses résiduelles en intégrant une dimension territoriale. Sur le modèle Listeria monocytogenes, des connaissances sont disponibles pour une première estimation du devenir du pathogène (Fate Factor en ACV) sur la totalité du territoire métropolitain et à une résolution parcellaire agrégée à l’échelle de l’EPCI. L’objectif du projet est l’intégration des dangers microbiens dans la démarche ACV en modélisant leur devenir dans les sols, et en prenant en compte l’exposition et l’effet pour le calcul d’un facteur de caractérisation de l’impact sanitaire Listeria monocytogenes en ACV. Le projet explore également les modalités pour intégrer la qualité des sols dans une démarche de labellisation des sols agricoles.
Déroulement
Le projet est construit autour de deux lots scientifiques et techniques. En cohérence avec l’approche ACV, l’objectif du premier lot est de déterminer le chemin d’impact de L. monocytogenes, de le formaliser mathématiquement sous la forme d’un facteur de caractérisation et de spatialiser la quantification de ce dernier à l’échelle de la France. Le facteur de caractérisation est une combinaison du facteur de devenir, d’exposition et d’effet. La conception du facteur de devenir spatialisé traduit la possible persistance de L. monocytogenes dans les sols. Ce facteur de devenir prend en compte les caractéristiques abiotiques et biotiques des parcelles agricoles pour capter la sensibilité intrinsèque des territoires. Le facteur d’exposition reflète le potentiel d’exposition à L. monocytogenes. Il prend en compte les chemins d’exposition les plus significatifs. Le facteur d’effet reflète l’importance des effets engendrés par une exposition à L. monocytogenes.
Le second lot explore les modalités de développement d’un label de qualité des sols agricoles intégrant la protection des sols et la protection des produits. La capacité de contrôle des pathogènes par le sol constitue un service écosystémique qui doit faire l’objet d’un contrôle afin d’en garantir la pérennité et de prévenir les risques pour la santé et l’environnement. Ce service bénéficie à la société. Il pourrait de ce fait être encouragé par un paiement au bénéfice de l’exploitant. Il s’agit d’explorer les potentialités d’une labellisation positive de la qualité des sols, tant en ce qui concerne les sols eux-mêmes que les produits issus de ces sols.
Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement
Les principaux résultats attendus sont i) le déploiement de la méthode d’élaboration du facteur de caractérisation sanitaire spatialisé (combinaison des facteurs de devenir, d’exposition et d’effet dans le calcul d’impact en ACV), ii) l’estimation du facteur de caractérisation à l’échelle des EPCI pour la France métropolitaine, iii) une analyse de faisabilité de la mise en place d’un label de qualité des sols agricoles et ses implications en termes de sécurité sanitaire des sols et des aliments et de paiements du service écosystémique rendu accompagné d’un Vade-mecum sur les conditions de mise en place du label. Dans un contexte de transition nécessaire des systèmes alimentaires, ces développements en ACV ont pour ambition d’accompagner les chemins de transition et les prises de décision au niveau territorial, en intégrant la prise en compte des aspects sanitaires.
Applications et valorisations
Les produits de la recherche contribueront à sensibiliser les parties prenantes à l’impact potentiel des flux de pathogènes et informeront les acteurs de l’ACV des développements méthodologiques.
Un outil cartographique interactif de démonstration sera mis à disposition du public. L’objectif de cette application est i) d’accompagner la sensibilisation des parties prenantes sur l’impact sanitaire lié aux pathogènes et sa dépendance aux contextes géographiques et, ii) de rendre accessibles les valeurs de l’indicateur pour des études ACV ultérieures. Des recommandations pour une mise en place opérationnelle d’une labellisation positive des sols seront émises.
Coordinateur et partenaires
Coordinateur
- INRAE - OPAALE
Partenaires
- Institut de droit de l'environnement, UNIVERSITE LYON 3 JEAN MOULIN
Localisation du terrain d’étude
- Rennes
Détails du projet (dates, durée, montants)
- Début de projet : Novembre 2023
- Durée : 36 mois
Montant total du projet : 368,6 k€
Montant de l’aide ADEME : 248,4 k€