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Le projet en deux mots
Le projet CHABLER ambitionne d’élargir le scope du label Chanvre Bâtiment aux chènevottes rouies afin de suivre les évolutions des marchés techniques des fibres de chanvre. Le domaine du bâtiment étant très assurantiel, la démarche proposée se doit d’être scientifiquement robuste.
Contexte et enjeux
Dans un contexte de stratégie régionale, nationale et européenne de développement d’une industrie durable, la filière française de production du chanvre, leader européen, poursuit son développement en prévoyant un doublement des surfaces à 5 ans.
L’utilisation du béton de chanvre est régie par les Règles Professionnelles (Construire en Chanvre) qui fixent le cahier des charges pour les granulats, avec 6 critères, dont la couleur blanche. Ceci exclut donc les chènevottes rouies (grises).
Avec le développement du domaine textile, une part plus importante de pailles rouies sera produite, et donc de chènevottes rouies hors marché bâtiment. L’équilibre économique demandant d’optimiser les différents marchés, il est clé d’étudier la possibilité d’intégrer la chènevotte rouie dans les bétons de chanvre, sans modifier ses performances.
Quelques études réalisées par le consortium ont déjà mis en avant le lien entre le rouissage et le taux d’extractibles, avec une amélioration des propriétés mécaniques des bétons.
Objectifs
CHABLER ambitionne d’élargir le scope du label Chanvre Bâtiment aux chènevottes rouies afin de suivre les évolutions des marchés techniques des fibres de chanvre. Le domaine du bâtiment étant très assurantiel, la démarche proposée se doit d’être scientifiquement robuste. Le projet vise à répondre aux questions suivantes :
- Comment définir une chènevotte grise ?
- Les chènevottes grises peuvent-elles être employées dans les bétons ?
- Quels ajustements seraient nécessaires dans le cahier des charges pour garantir les performances ?
- Quels outils sont à mettre en place pour le suivi qualité des chènevottes rouies dans le cadre du label ?
La valeur ajoutée du projet se trouve dans la démarche scientifique multi-échelle, avec un sourcing de chènevottes au niveau national, et de la prise en compte des volets environnementaux et socio-économiques. Le consortium réunit l’ensemble de la filière et les compétences nécessaires à la bonne réalisation du projet.
Déroulement
Le déroulé du projet se décline en 6 lots de travail complémentaires sur l’ensemble de la chaine de valeur :
1. Suivi du bon déroulé du projet.
2. Etude de la variabilité des chènevottes rouies par des caractérisations physico-chimiques et des analyses statistiques permettant la classification des chènevottes (analyse d’une centaine de lots).
3. Etude de l’impact de l’utilisation des chènevottes rouies sur les propriétés des bétons de chanvre. Les interactions entre les chènevottes et la matrice seront investiguées, ainsi que les performances globales des bétons formulés.
4. Développement d’un cahier des charges chènevottes rouies pour le label CenC, et développement d’outils d’aide à la décision permettant le suivi qualité des chènevottes dans les coopératives.
5. Etude de perspectives d’évolutions, via l’intégration des chènevottes issues de teillages de lin, et de nouveaux liants à impact carbone réduit.
6. Valorisation des résultats obtenus dans les coopératives : validation des évolutions du label et déploiement des outils dans les usines de défibrage. Une étude environnementale des différents aspects liés au rouissage complètera le projet.
La collecte d’échantillons sera réalisée auprès des différentes chanvrières françaises ayant déjà apporté leur support au projet. Des tailles variables de chanvrières seront mobilisées, avec un approvisionnement hétérogène en termes de territoires, de conditions pédo-climatiques, de variété, des itinéraires de production… L’expérience du consortium a montré que ce point est clé pour attester de la robustesse des résultats. Une collecte d’échantillons sera également réalisée au sein des teilleurs de lin souhaitant participer.
Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement
CHABLER vise une meilleure compréhension du rouissage des chènevottes et de la corrélation avec les performances des bétons de chanvre. Les bénéfices socio-économiques vont du producteur aux industriels, en passant par les coopératives : le consortium souhaite apporter de la valeur ajoutée aux acteurs en valorisant les marchés plus rémunérateurs.
Le projet permet une meilleure valorisation de la plante entière de chanvre, culture à faible empreinte environnementale, ainsi qu’une massification de l’usage du béton de chanvre, donc une augmentation des volumes de chènevottes dans les bâtiments avec un stockage temporaire de carbone biogénique accru. De plus, une étude ACV est prévue pour évaluer les impacts du rouissage.
Applications et valorisations
A l’issue du projet, le nouveau cahier des charges chènevottes rouies sera intégré au label Chanvre Bâtiment afin de répondre aux besoins du marché béton de chanvre. Le lot 6 du projet prévoit l’accompagnement des chanvrières et coopératives dans leur processus qualité avec le déploiement des nouveaux outils. Ceci permettra aux coopératives de faciliter leurs démarches.
Des actions de communication sont également prévues, auprès de la communauté scientifique et des différents acteurs de la filière.
Coordinateur et partenaires
Cordinateur
- InterChanvre (75)
Partenaires
- FRD-CODEM (10)
- INRAE - UMR FARE (54)
Localisation du terrain d'étude
- Différentes chanvrières françaises (en cours) et des chanvrières dites « en circuit court » (Les Chanvriers de l’Oise), le bassin de La Chanvrière (Aube)
Détails du projet (dates, durée, montants)
- Début de projet : Décembre 2024
- Durée : 48 mois
Montant total du projet : 694 947 euros
Montant de l'aide Ademe : 300 000 euros