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Illustrations de coopérations économiques territoriales de transition
PTCE TERA, un éco-système pour le XXIe siècle
Implanté dans trois communes rurales de la Communauté de communes de Fumel Vallée du Lot (Lot-et-Garonne), le PTCE TERA vise à revitaliser et réinventer l’activité économique locale dans un territoire fragilisé par le vieillissement démographique et la déprise économique.
Le projet repose sur un collectif d’associations, coopératives, citoyens et partenaires publics autour d’activités économiques variées. Ensemble, ils expérimentent des modèles économiques alternatifs sur l’alimentation, l’habitat et l’énergie répondant à des enjeux collectifs de redynamisation et d’autonomie d’un territoire hautement rural. Ils ont mis en place des outils innovants : la monnaie citoyenne locale “l’Abeille” et un revenu d’autonomie. Après avoir relocalisé avec succès la production de nourriture bio et de matériaux d’écoconstruction, TERA s’attaque en 2026 à la production d’énergie renouvelable locale. Le collectif s’appuie pour cela sur les ressources naturelles de son territoire (qualité de sols et de l’eau, biodiversité, bioressources…) et sur les savoir-faire locaux.
Le collectif porte aussi la construction du futur Quartier Rural en Transition de Lustrac, à Trentels, qui combinera lieu de vie, espaces de production, formation et expérimentation de nouveaux modes d’habiter et de travailler.
TERA joue une fonction centrale d’intermédiation territoriale : il met en relation les acteurs locaux, structure les coopérations, accompagne l’émergence de projets et favorise l’apprentissage collectif.
Contact : [email protected]
L’écosystème du Clus’Ter Jura : tout territoire a des ressources
Implanté dans le Pays Lédonien (Jura), Clus’Ter Jura est une coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui rassemble entreprises, associations, collectivités, citoyens et acteurs de la recherche autour d’une ambition commune : faire émerger, par la coopération, des activités économiques utiles au territoire et porteuses de transition écologique et sociale, en s’appuyant sur les ressources locales.
Concrètement, Clus’Ter Jura a contribué à l’émergence d’une dizaine d’activités nouvelles. Celles-ci couvrent des domaines variés, tels que l’alimentation, l’économie circulaire ou la mobilité douce. Parmi ces initiatives, le Projet Alimentaire Territorial (PAT) du Pays Lédonien vise à structurer une filière alimentaire locale et biologique. Comment ? En mobilisant producteurs agricoles, acteurs de la transformation et de la distribution, collectivités et habitants pour relocaliser l’alimentation, sécuriser les débouchés des producteurs et améliorer l’accès à une alimentation bio de qualité pour tous sur le territoire. Ces activités économiques s’inscrivent au sein d’un écosystème plus large qui promeut le « bien manger » et le local, avec une politique active. En jouant un rôle central d’intermédiation, d’animation et d’accompagnement, Clus’Ter Jura facilite la coopération entre acteurs du territoire, de l’émergence des idées jusqu’à leur mise en œuvre, et contribue à expérimenter de nouvelles manières de produire et de coopérer à l’échelle du territoire dans l’intérêt général. Pour cela, Clus’Ter Jura travaille en synergie et complémentarité avec le Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du pays Lédonien et est soutenu par la région Bourgogne-Franche Comté et l’Agence de la transition écologique. Cluster’Jura ouvre aussi des espaces de réflexion ave des chercheurs. Il a ainsi conduit un programme de recherche sur l’entrepreneuriat coopératif territorial.
Contact : Lucie Coulon, directrice générale de Clus’Ter Jura, [email protected]
Lire aussi : "La recherche-action se construit avec les acteurs, pas à côté d'eux" : interview croisée de Lucie Coulon, directrice générale de Clus’Ter Jura et Marie Ferru, professeur de géographie à l’université de Poitiers, qui reviennent sur une expérience de recherche-action menée au plus près des acteurs du territoire.
Vivre le bois local au Parc naturel régional des Ballons des Vosges : coopérer pour redonner sa valeur à la ressource forestière
Dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, territoire fortement forestier marqué par la déprise industrielle et économique, le projet Vivre le bois local de la communauté de communes du Val d’Argent vise à redonner sens et valeur à la ressource bois.
Cette coopération fédère un collectif d’acteurs : professionnels de la forêt et du bois, artisans, élus, structures culturelles et éducatives, acteurs de l’aménagement et habitants. Ensemble, ils partagent trois objectifs structurants : redynamiser le territoire dans sa dimension socio-économique, s’appuyer sur les atouts locaux de la ressource et de la filière forêt-bois, et expérimenter un nouveau modèle économique soutenable fondé sur l’économie de la fonctionnalité et de la coopération.
Vivre le bois local agit comme un espace d’expérimentation collective, permettant de rendre visibles les freins à l’utilisation du bois local et co-construire des solutions opérationnelles.
Des pistes concrètes ont ainsi émergé : organisation du sciage en local, création de plateformes communes d’achat de bois, engagements progressifs des collectivités en faveur de la construction et de la rénovation bois, ou encore développement d’une offre de services territoriale autour du bois local.
Au-delà de la filière, le projet vise à ancrer une culture partagée du “vivre le bois local”, en lien avec l’habitat, l’éducation, la formation et les usages du quotidien. Des réalisations emblématiques, comme l’aménagement du tiers-lieu La Goutte d’Eau à Sainte-Marie-aux-Mines, illustrent cette approche : mobilier et agencements conçus sur mesure à partir des essences locales, mobilisant les savoir-faire des professionnels de la vallée.
Le Parc naturel régional entend étendre à terme plus largement cette expérimentation à d’autres vallées vosgiennes, jouant véritablement son rôle d’acteur d’intermédiation de tout un écosystème territorial sur la valorisation du bois.
Contact : Sylvain Lacombe, chargé de mission PNR Ballons des Vosges [email protected]
Montpellier Méditerranée Métropole : Construire un territoire agroécologique en action
Depuis 2015, la Politique Agroécologique et Alimentaire (P2A) de Montpellier Méditerranée Métropole déploie une démarche ambitieuse sur 31 communes et près de 472 000 habitants.
Portée par un fort engagement politique, ma P2A s’appuie sur une élue dédiée et sur la mobilisation coordonnée des services métropolitains pour articuler urbanisme, plan climat, biodiversité et qualité de l’air avec la transition alimentaire. Cette politique entend façonner un territoire agroécologique, garantir l’accès pour tous à une alimentation de qualité, et structurer un approvisionnement durable et résilient. Elle repose sur un réseau multi-acteurs de collectivités, producteurs, distributeurs, associations, chercheurs et citoyens. Ce collectif est structuré par plus de 50 partenariats contractuels et long-terme et coordonné autour de projets concrets, par exemple la plateforme BOCAL recensant 300 points de vente en circuits courts, l’expérimentation d’une caisse alimentaire commune, le montage de filières alimentaires à bas niveau d’impact ou encore des événements citoyens autour de l’alimentation durable.
La P2A s’appuie aussi sur la recherche, avec 32 projets en cours, et sur des partenariats interterritoriaux et sociaux, pour expérimenter et amplifier les initiatives locales.