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© S. Novak, S. Ferchaud, F. Beline - INRAE

Compostage et méthanisation au service de la transition agroécologique?

Le projet en deux mots

Le projet ABMC ambitionne de déterminer les freins, les atouts et complémentarités de la méthanisation et du compostage pour la transition agroécologique.

Contexte et enjeux

Depuis le milieu du 20ième siècle, l'intensification de la production agricole a généré des déséquilibres significatifs dans les flux biogéochimiques de nutriments entraînant des impacts majeurs sur la santé humaine, les écosystèmes et la viabilité même du système agricole. Une transition des systèmes agricoles vers l’agroécologie apparait incontournable et les sols sont un pilier de cette transition. Alors que le retour direct au sol des résidus de culture et l’application de compost sont reconnus pour leurs effets bénéfiques sur la qualité du sol, le développement de la méthanisation suscite des interrogations sur l'allocation des ressources organiques résiduelles entre l'énergie et le sol. Dans ce cadre, le consortium du projet ABMC propose de s’intéresser aux freins, atouts et complémentarités de la méthanisation et du compostage pour la fertilité et la qualité des sols en se focalisant sur l’agriculture biologique (AB) en tant qu’archétype de l’agroécologie.

Objectifs

Ce projet vise à approfondir la compréhension des impacts des filières de compostage et de méthanisation et l’usage des produits associés, sur la qualité des sols et les cycles biogéochimiques, en mettant l'accent sur les pratiques agroécologiques. Ainsi, les principaux objectifs sont : 
- Identifier et caractériser les systèmes de production agricoles AB existant et utilisant le compostage/composts et/ou la méthanisation/digestats,
- Identifier les freins et les leviers économiques, sociologiques et techniques à l’usage des composts et des digestats en AB,
- Documenter les flux de C & N et la qualité des sols associés aux pratiques de compostage et de méthanisation en AB,
- Evaluer en termes d’autonomie azotée et de qualité des sols les systèmes.
 

Déroulement

Ce projet de recherche s’articule autour de 5 lots complémentaires :
- Identification, caractérisation et co-construction de systèmes de valorisation des ressources organiques résiduelles en AB,
- Etude des freins et leviers techniques, économiques et sociologiques à l’usage de digestat ou de compost en AB,
- Quantification expérimentale des flux de carbone et d’azote sur les systèmes identifiés,
- Suivi de la qualité des sols soumis à des apports de composts et digestats,
- Modélisation et évaluation des flux de C&N des systèmes identifiés.
Concernant le compostage, pratique établie et répandue, cette travail sera réalisée en priorité sur un territoire restreint (Ille-et-Vilaine et Mayenne) et sera potentiellement élargie (Ille de France) pour couvrir une plus grande diversité. Pour la méthanisation, filière en développement, cette identification sera réalisée sur un territoire plus large (France) en priorisant toutefois les sites sur l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne pour faciliter les comparaisons.
 

Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement

Ce projet ambitionne de participer au développement de l’agroécologie, et plus spécifiquement de l’AB, pour une transition vers des systèmes de production agricole plus vertueux d’un point de vue des écosystèmes. De plus, le développement de l’agroécologie doit conduire à une réduction de la dépendance de l’agriculture aux fertilisants chimiques. Ce projet vise également à améliorer ou maintenir la qualité des sols à travers un usage documenté et maitrisé des produits organiques tels que les composts et les digestats. Ainsi, une synthèse sur (i) la qualité des sols en fonction des pratiques de fertilisation et (ii) les flux de C et N en fonction des filières de gestion des produits résiduaires sera produite.

Applications et valorisations

Concernant les communautés scientifiques, les valorisations envisagées concernent des présentations à des colloques nationaux et internationaux et des articles scientifiques concernant les effets du compostage et de la méthanisation et l’usage des produits associés sur la qualité des sols, les cycles biogéochimiques et la productivité agricole spécifiquement en AB. Concernant les acteurs socio-économiques du secteur de l’agriculture et de la fertilisation, les acteurs spécifiques de l’AB seront ciblés à travers des propositions de présentations de nos résultats aux salons dédiés (Tech&Bio, La terre est notre métier, …) et des propositions d’article dans des revues spécifiques (Symbiose, BIOFIL, Réussir BIO, …). Plus spécifiquement, les exploitants agricoles seront ciblés à travers la réalisation et la diffusion de fiches techniques des cas étudiés. Enfin, des outils pédagogiques sur le rôle de la fertilisation organique dans la transition agroécologie seront construits à destination des élèves ingénieurs et Master de l’institut Agro, notamment pour la spécialité Agroécologie.

Consortium

Coordinateur : 

 

Partenaire(s) :

Détails projets (dates, montants)

  • Début de projet : Janvier 2025
  • Durée : 48 mois 

 

Montant total du projet : 725,2 k€

Montant de l'aide Ademe : 362,0 k€

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