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Le projet en deux mots
Le projet BIAFINA vise à promouvoir la production de biomasse par l'agroforesterie intra-parcellaire en utilisant des arbres fixateurs. En intégrant ces arbres dans les parcelles agricoles, il cherche à améliorer la fertilité des sols, réduire l'utilisation d'engrais chimiques, séquestrer le carbone et produire une biomasse utile.
Contexte et enjeux
Les systèmes agroforestiers (SAF) intraparcellaires pourraient améliorer un large panel de services, allant de la productivité végétale au stockage du carbone, et ils représentent un potentiel important de réduction de l’usage des intrants chimiques, engrais en particulier en favorisant l’emploi d’espèces fixatrices d’azote. L’effet de l’utilisation de ces espèces en SAF est mal documenté.
Le projet BIAFINA est orienté vers la production de connaissances nouvelles sur l’utilisation des arbres fixateurs (robinier faux-acacia et aulne) d’azote en SAF intra-parcellaires tempérés. En particulier, le projet se démarque des précédents en proposant d’apporter des nouvelles connaissances sur la capacité des arbres fixateurs à modifier les entrées de carbone et d’azote dans des SAF sur deux sites expérimentaux (DIAMS et Agro-TCR).
Objectifs
BIAFINA vise à mesurer les effets de l’agroforesterie intra-parcellaire avec des arbres fixateurs sur les stocks de carbone et azote sur les composantes de l’agroécosystème comparativement aux systèmes de référence agricoles et plantations d’arbres. Le consortium quantifiera les variations interannuelles des stocks de carbone et azote dans la biomasse aérienne et racinaire, et le sol, ainsi que la fixation symbiotique d’azote par les arbres fixateurs.
Le projet évaluera l’intérêt et les freins à l’adoption de ces systèmes par les agriculteurs sur la base de différents indicateurs. Enfin, le projet permettra d’évaluer l’apport subsidiaire d’azote par les arbres fixateurs, dans la perspective de réductions des fertilisants chimiques, ainsi que les émissions de CO². Le projet apportera des valeurs de références de productivité et de conduites pour des espèces encore peu/pas utilisées en SAF intra-parcellaire tempéré.
Déroulement
Le projet comporte un lot de coordination et quatre lots opérationnels. Pour des derniers, une première phase remobilisera les données déjà acquises depuis l’installation des différents sites. Une seconde phase consistera à acquérir de nouvelles données durant le temps du projet afin de compléter la dynamique reconstituée durant la première phase.
Le lot 2 quantifiera les stocks et flux de carbone et azote des parties aériennes et souterraines végétales, et leur dynamique spatio-temporelle sur les sites expérimentaux DIAMS (Mauguio, 34) et Agro-TCR (Champenoux, 54). Les flux de fixation symbiotique d’azote seront estimés in situ sur les deux sites. Le lot 3 quantifiera les stocks et flux de carbone et azote des sols, leurs variations temporelles et spatiale en lien avec la disposition des arbres. Les émissions de CO2 des sols seront aussi quantifiées. Le lot 4 se consacrera à modéliser la dynamique des stocks de carbone des sols au moyen du modèle AMG. Ce lot mobilisera une grande partie des données recueillies dans le lot 3. Le lot 5 analysera différents impacts des systèmes agroforestiers sur les bilans de carbone et azote totaux, en mobilisant l’ensemble des données recueillies par les lot 2, 3 et 4. Le lot 6 portera sur la connaissance et l’acceptabilité des arbres fixateurs d’azote en SAF parmi les acteurs du secteur agricole. Différents site d’agriculteurs seront sélectionnés, auprès desquels seront adressées des enquêtes pour questionner les freins et leviers potentiels concernant l’intégration de fixateurs d’azote en SAF intra-parcellaire tempérés.
Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement
Les principaux résultats attendus sont des données de référence de stockage du carbone et des flux d’azote des compartiments biomasses et sol, et leurs trajectoires dans le temps, ainsi qu’une évaluation de compromis entre trois grands services écosystémiques, i.e. productivité végétale, stockage du carbone et gestion de l’azote.
Une analyse de la stabilité des matières organiques et une estimation des émissions de CO2 par ces systèmes sont également attendues.
Enfin, une vingtaine d’enquêtes par année sera visée auprès d’acteurs de différentes professions afin d’avoir un échantillon représentatif de la filière. Deux ateliers de co-conception seront organisés.
Applications et valorisations
Différents jeux de données seront produits et serviront à des valorisations académiques : mise à disposition à la communauté, publications à des congrès et d’articles scientifiques, supports d’enseignement, évaluation du modèle AMG pour le projet AMG-Lab (financé par l’APR GRAINE). Le projet servira à la formation initiale (stagiaires, doctorant) et continue (atelier de co-conception). Des recommandations d’ordre méthodologiques et de conduite des arbres pourraient être produites.
Coordinateur et partenaires
Coordinateur
- INRAE UMR Eco&Sols (34)
Partenaires
- INRAE - UMR SILVA (54)
- SCOOP AGROOF (30)
- Université de Lorraine : Ferme Expérimentale de Bouzule (54)
Détails du projet (dates, durée, montants)
- Début de projet : Octobre 2024
- Durée : 48 mois
Montant total du projet : 727,4 k€
Aide projet : 295,0 k€