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Le projet en deux mots

Le projet REVE vise à évaluer les bénéfices écologiques et sociaux de la réhabilitation écologique de sols urbains pollués par des éléments métalliques. Il vise à renforcer la prise en compte du risque pour les écosystèmes (via l'approche Triade) dans la gestion des sites pollués et à améliorer les indicateurs de santé des sols, notamment pour évaluer le suivi de la réhabilitation écologique et les services ecosystémiques associés (via l’outil RECORD). L'application de la démarche sur des démonstrateurs territoriaux en étroite collaboration avec les gestionnaires de sites pollués conduira à des recommandations pratiques pour la réhabilitation écologique, incluant les dimensions écologiques, socio-économiques et règlementaires.

Contexte et enjeux

La méthodologie de gestion des sites et sols pollués en France s’appuie sur le principe de la maîtrise des pollutions et de la qualité des milieux. Les polluants métalliques sont parmi les polluants les plus fréquemment identifiés dans les sols. Parce que ces polluants ne sont pas biodégradables et le plus souvent non volatils, il existe peu de techniques pour les traiter. Encore peu utilisées, les techniques de réhabilitation écologique, basées sur l’utilisation d’espèces végétales peuvent permettre de gérer les terres polluées in situ pour préserver la ressource sol et apporter d’autres bénéfices en lien avec la présence d’un couvert végétal et les fonctions du sol. De nombreuses espèces végétales, issues de sélection horticole ou sauvages, peuvent se développer sur des sols pollués par les éléments traces métalliques, ce qui démontre une tolérance de ces plantes vis-à-vis des contaminants contenus dans les sols. En même temps, ces plantes peuvent contribuer aux objectifs de nature en ville. Le projet a pour objectif d’acquérir des connaissances sur les gains écologiques et les éventuels impacts négatifs de l’utilisation de plusieurs couverts végétaux sur un sol pollué par des éléments métalliques en milieu urbain. 

Objectifs

L’objectif global du projet est d’évaluer les mesures de gestion mises en oeuvre sur 3 sites urbains contaminés par les éléments métalliques en termes de gains écologiques et sociaux, en allant au-delà de l’approche chimique classiquement menée. 

REVE a pour objectif d’associer les gestionnaires des sites étudiés afin de co-construire des outils adaptés à leurs besoins et permettre de les sensibiliser à l’utilisation des paramètres du sol et du couvert végétal pour évaluer les solutions de gestion.

Différentes méthodes et outils peuvent être envisagés pour accompagner une collectivité dans le cadre d’une réhabilitation écologique sur un site présentant une pollution résiduelle.

Deux outils distincts ont été identifiés pour permettre :

  • d’évaluer les risques écologiques spécifiques aux sites et sols contaminés par une approche par niveau ou « tiers » notamment par l’approche TRIADE de la qualité du sol, norme Triade ISO 19204:2017)24; 

  • d’établir un suivi dans le temps de la réhabilitation écologique avec des indicateurs qui témoignent d’un fonctionnement optimal de l’écosystème (outil RECORD, Record 2018, 2021, prototype V2).

En complément, une analyse coût-avantage sera établie de manière à évaluer les bénéfices socio-environnementaux d’une telle opération en comparaison de solutions conventionnelles (excavation et confinement) et en l’absence de couvert végétal.

Le projet REVE se déroulera sur trois sites démonstrateurs, situés sur le territoire de la communauté d’agglomération Creil Sud Oise et les communes de Creil (Site 1) et de Montataire (Site 2) ainsi que sur la commune de Maubeuge (Site 3). Ces trois sites relèvent de l’usage de renaturation définie dans le décret relatif à la définition des types d'usages dans la gestion des sites et sols pollués (Décret n°2022-1588) de la méthodologie nationale sites et sols pollués.

Synthèse des résultats

Finalement, les résultats escomptés du projet sont :

  • d’augmenter le retour d’expérience concernant l’évaluation de solutions in situ de gestion durable des pollutions résiduelles basées sur l’utilisation du végétal en milieu urbain, en particulier en termes de gains écologiques et sociaux et de risque pour l’environnement ;

  • d'appliquer une approche simplifiée et d’adapter l’approche de l’évaluation des risques pour l'écosystème, selon la norme démarche TRIADE, avec un nombre limité d’indicateurs chimiques, biologiques et écotoxicologiques sélectionnés sur des critères de maturité, de facilité et de coût, comme outil d’aide à la décision pour la collectivité afin d’évaluer la pertinence des solutions écologiques mises en œuvre en termes de risques. Les résultats issus de l’application simplifiée de la norme TRIADE permettront d’établir un nouveau cadre plus adéquat pour les gestionnaires qui souhaitent évaluer les gains écologiques de ces solutions ;

  • d’appliquer l’outil RECORD sur ces sites pollués reconvertis en espaces verts pour vérifier que les solutions de gestion mises en oeuvre répondent bien aux attendus de la collectivité en termes d’usages et d’habitats visés par le réaménagement, des enjeux environnementaux et sociaux et des services écosystémiques attendus ;

  • de proposer à la collectivité une démarche présentée sous la forme d’un arbre de décision issu de l’articulation des deux outils d’aide à la décision testés sur les deux sites afin de répondre à la fois à la question du risque pour l’écosystème et des indicateurs les plus pertinents pour le suivi de l’efficacité de la solution de réhabilitation écologique choisie ;

  • de réaliser une étude participative sur la question de l'acceptabilité sociale de ces solutions de gestion, c’est-à-dire de réappropriation des espaces dégradés par la population, et sur leurs qualités, notamment paysagères, pour améliorer le bien-être de la population;

  • d’évaluer le cadre règlementaire et normatif dans lequel ce type de solution de gestion de la pollution résiduelle peut s’insérer ;

  • de capitaliser les éléments financiers de l’évaluation de ce type de solution de gestion de la pollution résiduelle afin d’évaluer la viabilité économique sur cette phase.

Coordinateur
  • INERIS 

 

Partenaires
  • SOLTIS ENVIRONNEMENT,
  • Université du Littoral Côte D'Opale

 

Début et fin de projet
  • Juin 2024 à Novembre 2028

 

Montant total du projet

  • 392 000 euros

Montant de l'aide Ademe

  • 352 000 euros
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