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© N. Marron, INRAE

Parcelle agroforestière de Montenoy (54) en juin 2019

Le projet en deux mots

Les services rendus par l’agroforesterie intra-parcellaire dans le Grand Est sont prometteurs, mais les effets sont encore légers en raison de la jeunesse des plantations de la région. Les principaux freins à son développement sont le manque d’accompagnement des projets des agriculteurs et l’insuffisance des aides financières. En outre, la plateforme de modélisation MAELIA a été étendue pour simuler les systèmes agroforestiers ; les simulations de leurs performances sont très prometteuses.

Contexte et enjeux

L’agroforesterie consiste à faire pousser des arbres en association avec des cultures agricoles et / ou en présence de troupeaux d’animaux. Les avantages d’une telle pratique sont nombreux, tant du point de vue de la production agricole que de la protection de l’environnement. En France, le modèle agroforestier intrigue les agriculteurs et les initiatives individuelles se multiplient sans que l’on ne sache les quantifier à l’heure actuelle. La mise à disposition d’indicateurs de performance agri-environnementale du modèle agroforestier dans le grand quart nord-est (production, diversification, fertilité des sols, qualité et quantité d’eau, impacts environnementaux, rentabilité…) permettrait de mieux définir les potentialités de cette pratique, d’informer les agriculteurs et d’accompagner les initiatives.

© E. Dallé, INRAE

Parcelle agroforestière de Quincey (10) en juillet 2021

Objectifs

L’objectif général du projet PotA-GE était d’évaluer les potentialités des plantations agroforestières à l’échelle de la région Grand Est sur la base de la création d’indicateurs socioéconomiques et biophysiques répondant aux problématiques suivantes :
• Quels bénéfices tirer des plantations agroforestières dans le Grand Est en termes de rendement, de services écosystémiques, d’impacts environnementaux et de rentabilité ?
• Quelles sont les potentialités de développement de ces pratiques sur le territoire ?
• Quelles sont les verrous à lever pour inciter à cette pratique ?

Déroulement

L’impact de l’introduction d’arbres dans les cultures agricoles a été évalué à trois échelles : (1) une analyse fine des processus biophysiques sur le site Pilote de la Bouzule, près de Nancy (mélanges d’espèces fixatrices / non fixatrices d’azote : peuplier / luzerne-trèfle et aulne / graminées), (2) une comparaison de certains des processus en les transposant à un premier cercle de plantations (se prêtant à la mise en place d’un plan d’expérience robuste) permettant d’initier la paramétrisation de modèles de fonctionnement et (3) une analyse socioéconomique de l’ensemble des plantations de la région (2ème cercle de plantations).

Les indicateurs biophysiques étudiés sont de trois types : 

  1. agronomiques (croissance et production des cultures), 
  2. édaphiques (fonctionnement des sols via la minéralisation de la matière organique et, le recensement des communautés microbiennes)
  3. environnementaux (bilan des gaz à effet de serre, stockage du carbone dans les sols). 

Des enquêtes menées auprès des agriculteurs régionaux ont permis de renseigner les indicateurs socioéconomiques : intérêt pour les systèmes agroforestiers, freins pour s’engager, besoins pour lever les verrous, etc.

Diagramme présentant l’articulation des différents lots du projet aux différentes échelles d’étude, avec les partenaires impliqués et les coordinateurs de chaque lot (cercles orange)

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Diagramme présentant l’articulation des différents lots du projet aux différentes échelles d’étude, avec les partenaires impliqués et les coordinateurs de chaque lot (cercles orange)

Résultats obtenus : Innovation, économique, sociaux et environnement

Environ 70 plantations en agroforesterie intra-parcellaire ont été recensées dans la région. En termes biophysiques, d’intéressants effets de l’introduction des arbres ont été observés en termes de rendements, de partage de la ressource en eau entre espèces, de stockage du carbone dans le sol, de fonctionnement organique de sols ou encore de flux de gaz à effet de serre, mais ces effets sont encore légers en raison de la relative jeunesse des plantations étudiées (la plus ancienne ayant une dizaine d’années). En termes socioéconomiques, plus de 300 agriculteurs ont répondu aux enquêtes menées dans le cadre du projet. Sans grande surprise, les principaux freins au développement de l’agroforesterie intra-parcellaire dans la région sont le manque d’accompagnement des projets des agriculteurs dans ce sens et l’insuffisance des aides financières ; ces deux aspects sont cependant pris en charge mais de façon assez hétérogène selon les départements. En outre, la plateforme de modélisation MAELIA a été étendue pour simuler les systèmes agroforestiers. Des simulations ont été réalisées à l’échelle de parcelles sur trois territoires d’étude afin d’évaluer des scénarios de déploiement de l’agroforesterie dans la région. Les résultats obtenus sont en cours de diffusion auprès des acteurs sous la forme de modules de formation et de journées d’information.

© N. Marron, INRAE

Photos des sites du 1er cercle dans le Grand Est

Applications et valorisations

Coordinateur et partenaires

Détails du projet (dates, durée, montants)

  • Début de projet : juin 2017
  • Durée : 66 mois  

 

Montant total du projet : 950,7 k€

Montant de l’aide ADEME : 353,7 k€

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