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COPTER21e
Construire les modèles économiques du XXIème siècle
COPTER 21e cherche à répondre à une question : comment construire les modèles économiques du XXIᵉ siècle, sur un territoire marqué par les industries lourdes et classiques du XXᵉ siècle ? Ce projet de recherche-action participative porte sur trois coopérations économiques territoriales de transition (CETT), dans lesquelles s'inscrit Caux Seine agglomération, intercommunalité située entre Rouen et Le Havre, avec ses partenaires de l'axe Seine en Normandie. Toutes s'appuient sur de forts soutiens publics et sur une collaboration étroite avec des entreprises de toutes tailles et d'autres acteurs locaux : La Cité du textile de demain -projet collaboratif pour reconstituer une filière textile à partir de produits biosourcés et recyclés- ; L'écologie industrielle territoriale (EIT) -écosystème industriel autour des parcs d'activités de Port-Jérôme- ; Le Territoire d'industrie de l'axe Seine -dynamiques coopératives en cours de structuration entre la Métropole de Rouen, la Communauté urbaine du Havre, Caux Seine agglomération, Seine-Eure, etc-.
Les thèmes de recherche
- Recenser les difficultés rencontrées et les solutions trouvées par les acteurs du territoire pour faire monter en échelle les nouveaux modèles industriels ;
- Évaluer l'ancrage territorial de ces modèles et la valorisation du territoire comme ressource pluridimensionnelle ;
- Mesurer la robustesse des nouveaux modèles économiques et leur dépendance aux soutiens publics ;
- Analyser les coopérations inter-industrielles, dans un contexte de pression croissante en faveur de la décarbonation et de la responsabilisation des chaînes d'approvisionnement.
Le point de vue de...
Giuseppe Arcuri, maître de conférences en sciences de gestion à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« Un territoire où se concentrent toutes les tensions de la transition »
Les territoires que nous observons concentrent toutes les tensions de la transition. Caux Seine agglomération est l'une des intercommunalités les plus émettrices de CO₂ de France. Elle doit aujourd'hui composer avec de multiples contraintes : la fin de la gratuité des quotas carbone, la trajectoire de zéro artificialisation nette des sols (ZAN), les plans de prévention des risques d'inondation et technologiques. C'est donc un territoire emblématique de l'effort de conciliation entre réindustrialisation et transition écologique. Sur chacune des CETT, ce sont les acteurs locaux qui définissent avec nous les questions à approfondir.
Nicolas Portier, professeur affilié à l’Ecole urbaine de Sciences Po et co-directeur de la chaire Pépite.
« Les chercheurs deviennent pleinement parties prenantes de la dynamique collective »
La recherche-action participative nous permet d'aider les acteurs des coopérations économiques territoriales de transition (CETT) à formaliser leurs besoins. C'est aussi, et c'est la motivation de Caux Seine agglomération, un moyen de catalyser les écosystèmes : la démarche participe d'une dynamique endogène sur les territoires industriels, en renforçant les liens entre acteurs et en intensifiant les coopérations.
Nous nous posons plusieurs questions de recherche. Quelle est la plus-value de ces modèles de coopération, qui sont à des stades d'avancement différents ? Quels en sont les effets économiques et écologiques, notamment sur l'empreinte carbone ? Comment tirer de ces trois cas des modèles réplicables sur d'autres territoires ? Dans quelle mesure ces approches coopératives sont-elles résilientes ? Nous aimerions aussi creuser une dimension qui nous semble prometteuse : celle du «territoire-entreprise». Quand on investit sur un territoire, même en cas de défaillance d'un projet ou d'une entreprise, les compétences, les réseaux, les infrastructures et l'aménagement du foncier demeurent.
Méthode de recherche-action participative
Le projet associe analyses économétriques et méthodes qualitatives contextualisées. Chaque recherche-action repose sur un collectif praticiens-chercheurs, qui permet de définir ensemble les problématiques avec les acteurs territoriaux. Le dialogue entre recherche et action prend plusieurs formes : séminaires in situ avec visites de terrain, visioconférences, campagnes d'entretiens en présentiel ou à distance.
Perspectives de connaissances nouvelles et valorisation
- Approfondir les connaissances sur les synergies inter-industrielles et sur les mutations des relations public-privé qu'imposent les transitions énergétiques et environnementales.
- Documenter les conditions d'émergence et de consolidation de nouveaux modèles économiques fondés sur la circularité, la coopération inter-industrielle et l'ancrage territorial des ressources.
- Alimenter les débats sur la planification écologique des territoires industriels, en reliant les dynamiques locales aux cadres réglementaires nationaux et européens (fin de la gratuité des quotas carbone, Zéro Artificialisation Nette, Plans de Prévention des Risques Technologiques, Territoire d'industrie).
- Évaluer la sensibilité des modèles émergents aux facteurs locaux (gouvernance, ressources, qualifications) comme aux facteurs exogènes (réglementations, cours des matières premières et de l'énergie).
Les connaissances seront présentées à des évènements professionnels, notamment à des collectivités territoriales, des fédérations industrielles et des acteurs locaux.
En bref
Domaines d’activité économique : Textile, activités diverses sur zones industrielles
Région : Normandie
Durée du projet : 24 mois
Organisation coordinatrice du projet :
Chaire Pépite, Institut Louis Bachelier
La chaire Pépite (Planification écologique, politiques industrielles et territoires) oriente ses travaux sur les transitions écologiques des territoires et leurs différentes dimensions industrielles : décarbonation, économie circulaire, sobriété, etc.
Giuseppe Arcuri , maître de conférences en sciences de gestion à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Contact : [email protected]
Nicolas Portier, professeur affilié à l’École urbaine de Sciences Po et co-directeur de la chaire
Contact : [email protected]
Abdoulaye Kané, Ingénieur de recherche en économie spatiale - Institut Interdisciplinaire de l’Innovation (i3)-équipe CERNA ; CNRS, Mines Paris-PSL.
Les autres partenaires
EM Normandie
L’EM Normandie est une grande école de commerce et de management française, reconnue pour son excellence académique et son ouverture internationale. Elle place le développement durable et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au cœur de sa pédagogie, avec des certifications et des tests dédiés pour les étudiants. Elle héberge la Chaire européenne d'excellence Économie circulaire et Territoires. C’est une chaire Jean Monnet financée par l'Union européenne. EM Normandie contribue aux équipes de recherche en apportant ses compétences sur les dimensions qualitatives, organisationnelles et territoriales des coopérations étudiées.
Emmanuelle Faure, ingénieure de recherche postdoctorale à l’EM Normandie Business School, en France
Romain Gibert, Professeur assistant en économie territoriale à l'EM Normandie depuis 2023 au sein du département Economie, Territoires et Développement Durable.
Bogdan Constantin Ibănescu, chercheur au Centre d’Études Européennes de l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iași
Caux Seine développement (EPL)
Caux Seine développement (EPL), est l'agence de développement économique de Caux Seine agglomération (50 communes, près de 80 000 habitants, entre Rouen et Le Havre). Entreprise publique locale, elle accompagne la transformation industrielle du territoire, les entreprises, l'emploi et les compétences. Dans le projet COOPTER 21e, elle assure la coordination territoriale au nom de Caux Seine agglomération. C'est elle qui porte l'ancrage opérationnel du programme sur le territoire, pilote la relation avec les acteurs des trois coopérations territoriales
Les trois CETT :
Cité du textile de demain : Projet phare de Caux Seine agglomération, ancré à Bolbec, la Cité du textile de demain vise à faire renaître une filière textile locale, biosourcée (lin, chanvre) et recyclée. Soutenue par le ministère de la Culture, elle réunit entreprises, chercheurs, créateurs, étudiants et habitants autour de plateformes mutualisées, au croisement de l'industrie, de la formation, de la culture et du patrimoine.
Démarche d'écologie industrielle territoriale (EIT) de Port-Jérôme : À Port-Jérôme, la plateforme d'écologie industrielle territoriale réunit la collectivité, les groupes industriels et l'association Incase. Elle se développe à un moment charnière, entre la fermeture d'activités historiques (vapocraquage d'Exxon) et l'arrivée de nouveaux groupes dans l'hydrogène bas carbone, le recyclage du plastique et la valorisation des déchets.
Dynamiques coopératives du Territoire d'industrie de l'axe Seine : Le Territoire d'industrie de l'axe Seine est une démarche commune aux intercommunalités normandes riveraines du fleuve (Métropole de Rouen, Communauté urbaine du Havre, Caux Seine agglomération, Seine-Eure). Elle réunit l'État, Haropa, la Région et l'établissement public foncier régional autour des enjeux fonciers, de décarbonation et de gestion des risques, avec le réseau de zones industrielles bas carbone (ZIBAC).
Article réalisé par Eric Allermoz, journaliste
Image : Zone industrielle de Port Jérôme