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Site de compostage de DCT en pied d’immeuble sur Rennes Métropole
Le projet en deux mots
Les collectivités étant tenues depuis 2024 de proposer aux habitants une solution de tri à la source de leurs biodéchets en vue de leur valorisation, le projet IntoTheWaste a pour but de comparer l’efficacité hygiénisante du compostage partagé en milieu urbain.
Contexte et enjeux
Depuis 2024, les collectivités sont tenues de proposer aux habitants une solution de tri à la source de leurs biodéchets en vue de leur valorisation. Nombre d’entre elles ont fait le choix d’un développement de sites de compostage partagé des déchets de cuisine et de table (DCT), dont le compost est ensuite valorisé localement par les habitants, notamment dans des jardins collectifs. Toutefois, la gestion de ces sites manque parfois de rigueur, soulevant des interrogations quant à un éventuel risque sanitaire lors du retour au sol de ces composts, en particulier pour préserver la sécurité de la chaine alimentaire. Peu de données existent dans la littérature scientifique sur la capacité de ces modes de gestion des DCT à éliminer les agents pathogènes alimentaires et opportunistes éventuellement présents dans les DCT. Il apparait donc essentiel d’évaluer l’innocuité des DCT en cours de compostage partagé ainsi que celle du compost final.
Objectifs
Dans ce contexte, le projet INTO THE WASTE, mené à l’échelle de Rennes Métropole, a pour objectifs :
(i) à l’échelle du terrain, de comparer l’efficacité hygiénisante de différents modes de gestion du compostage partagé de DCT ;
(ii) à l’échelle du laboratoire, de tester lors d’expériences simulant du compostage en pied d’immeuble, l’impact de paramètres opérationnels du procédé sur le devenir de bactéries pathogènes ;
(iii) de caractériser sur le terrain les conditions de gestion des DCT par les habitants afin de mieux connaître leur exposition aux bactéries pathogènes, au domicile et lors du compostage en pied d’immeuble.
Les bactéries considérées dans le projet sont non seulement E coli et Salmonella, dont le dénombrement et la recherche sont stipulés dans la réglementation sur les matières fertilisantes, mais aussi différentes bactéries pathogènes alimentaires ou opportunistes (L. monocytogenes, C. botulinum, C. difficile, P. aeruginosa, A. baumannii et K. pneumoniae).
Déroulement
Ce projet de recherche s’articule en deux lots expérimentaux complémentaires.
Le lot 1 vise à atteindre les objectifs (i) et (iii) précédents. Ce lot se subdivise en trois sous-lots. Le lot 1.1 correspond à la sélection en collaboration avec Rennes Métropole de 5 sites de compostage en pied d’immeuble possédant des caractéristiques différentes en termes de gestion appliquée par les résidents (structurant, brassages, transfert entre composteurs…) et de contexte du site (implantation des bacs, taille et niveau socio-économique de la population participant au compostage…). Le lot 1.2 comprend des prélèvements sur les 5 sites sélectionnés (DCT, composts de différents âges) et la caractérisation physicochimique et microbiologique des prélèvements réalisés. Afin d’éviter un biais apporté par des prélèvements ponctuels, chaque site est échantillonné 3 fois sur environ 18 mois. Le lot 1.3, mené en collaboration avec l’EHESP, correspond à la caractérisation de l’exposition des résidents aux agents pathogènes, ceci via la réalisation d’une enquête qualitative sur les 5 sites.
Le lot 2, en lien avec l’objectif (ii), vise à mieux comprendre le devenir de bactéries pathogènes en fonction des modes de gestion du compostage simulant les pratiques des résidents. L’impact de deux paramètres opérationnels majeurs du procédé (ratio structurant / DCT et nombre de brassages aux apports des DCT) sur le devenir de bactéries pathogènes est étudié via la mise en œuvre d’un plan d’expérience, sur le site INRAE OPAALE, dans des composteurs 300L en parallèle avec un suivi des caractéristiques physicochimiques et microbiologiques de la matière en cours de compostage.
Quartage de DCT prélevés sur le terrain
Résultats attendus : Innovation, économique, sociaux et environnement
Les deux premiers objectifs permettront de lever le verrou de l’absence de données sur la qualité sanitaire des composts produits en pied d’immeuble et sur le rôle des modes de gestion sur l’efficacité hygiénisante de ce procédé. Le résultat attendu est de proposer aux collectivités locales un ou plusieurs modes de gestion des DCT permettant de limiter la contamination bactérienne au cours du compostage partagé et la dissémination des pathogènes lors du retour au sol des composts.
Le troisième objectif permettra d’avoir une meilleure appréciation des risques sanitaires éventuels pour les habitants et des recommandations pourront être données en conséquence.
Applications et valorisations
Au niveau international, les résultats du projet feront l’objet de publications dans des journaux scientifiques à comité de lecture.
Au niveau national, des présentations seront réalisées lors d’évènements rassemblant des acteurs et opérationnels de la gestion des biodéchets. Une attention particulière sera portée à la vulgarisation des résultats présentés et à la sensibilisation aux enjeux sanitaires de la gestion et du compostage partagé des DCT.
Au niveau local, le projet s’intégrant dans le cadre d’une démarche de sciences participatives, une valorisation des résultats acquis sera faite avec Rennes Métropole notamment auprès des référents et bénévoles des sites de compostage partagé.
Coordinateur et partenaires
Coordinateur
- INRAE UR OPAALE
Partenaires
- CNRS Lyon, UMR Ecologie Microbienne
- ANSES Ploufragan, Unité HQPAP
Localisation du terrain d’étude
- Rennes Métropole
Détails du projet (dates, durée, montants)
- Début de projet : mai 2023
- Durée : 36 mois
Montant total du projet : 424 228 euros
Montant de l’aide Ademe : 274 950 euros