Le massif du Sancy, sentinelle du dérèglement climatique
Comment faire face à la disparition progressive de l’enneigement, quand le ski, « l’or blanc » des stations, a assuré pendant des années leur prospérité ? Cette question, la communauté de communes du massif du Sancy (CCMS) se la pose depuis plusieurs années, au même titre que les autres territoires de moyenne montagne. Depuis 2003, elle est engagée dans une stratégie de diversification qui se traduit par des collaborations de plus en plus poussées entre un panel d’acteurs élargi, orchestrées par un acteur pivot, l’office du tourisme intercommunal (OTI).
Un territoire en devenir
Le contexte
Situé dans les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal, au cœur du parc régional des volcans d’Auvergne, le massif du Sancy dépend en grande partie du tourisme et de l’agriculture, avec notamment la production du fromage AOP Saint-Nectaire.
Il réunit aujourd’hui trois stations de ski, aux profils très différents. La plus petite, Chastreix (le terrain de recherche d’Emmanuel Bonnet, voir notre interview), est une petite station familiale dotée de moyens modestes. Le Mont-Dore est une station sportive, de profil alpin, qui n’a pu investir massivement dans la neige de culture ou la diversification, pour des raisons économiques. Super-Besse, de son côté, très dynamique, a beaucoup investi à la fois dans le ski et dans les autres activités touristiques et sportives.
Dès les années 2000, le massif du Sancy met l’accent sur la diversification de l’offre touristique en préparant un avenir touristique hivernal moins axé autour du ski. La création de la Communauté de communes du massif du Sancy, en 2000, puis, trois ans plus tard, de l’office de tourisme intercommunal (OTI), joue le rôle d’accélérateur, constituant « une force de frappe en termes de communication et d’accompagnement de projets », comme le notent Laura Rouch, Emmanuelle George et Laurent Rieutort, auteurs d’un article publié dans la revue Géographie, économie, société en 2022 (*).
Cette stratégie de diversification bénéficie en outre du soutien dès 2005 du département du Puy de Dôme, de la Région Auvergne à partir de 2013 et du Commissariat de massif du Massif central (ANCT) dès 2016.
Le rôle central de l’OTI, acteur pivot de la diversification
Doté d’un budget de 4,4 millions d’euros annuels (soit le budget le plus élevé des offices de tourisme d’Auvergne), l’OTI assure la promotion de la diversité des activités touristiques présentes sur le massif et accompagne les acteurs dans leurs projets.
Sous l’impulsion d’un nouveau directeur, arrivé en 2005 (Luc Stelly), l’OTI initie plusieurs expérimentations, à la demande de socio-professionnels, comme le festival Horizons Art-Nature en Sancy et la création d’une première aire de bivouac sur la commune de Chastreix. Ces initiatives ont pour effet d’intensifier les collaborations entre l’OTI et les prestataires touristiques, d’autant plus que l’office du tourisme soutient les approches collaboratives, notamment par des ateliers entre différents prestataires.
Selon l’analyse de Laura Rouch, Emmanuelle George et Laurent Rieutort, qui s’appuient sur une enquête réalisée auprès de 33 acteurs de la diversification, l’OTI joue ainsi un rôle central pour construire une vision partagée des atouts du territoire, axée sur la nature et la diversité des paysages et développer une volonté commune de valoriser ces ressources territoriales.
Cette diversification se traduit par des collaborations de plus en plus poussées entre un panel d’acteurs élargi. « La diversification et le fait d’intégrer une plus grande diversité d’acteurs, sur un périmètre spatial plus large, ont rendu nécessaire de mieux travailler ensemble », expliquent Laura Rouch, Emmanuelle George et Laurent Rieutort.
Ces collaborations qui visaient au départ plutôt les acteurs publics, expliquent les trois auteurs, se développent ensuite entre les acteurs publics et les acteurs privés, puis, entre les acteurs privés. « Le long de la trajectoire de diversification de l’offre du massif du Sancy, les prestataires d’activités se sont organisés entre eux, menant à des réseaux sous forme d’associations, de partenariats ou de création de produits touristiques collectifs ». Les auteurs citent notamment un collectif de prestataires de sport outdoor qui organise depuis 2015 un événement multi-sport, avec le soutien de deux communes, pour valoriser les spécificités de la vallée verte (volcan, réserve naturelle de Chaudefour, lac).
« La diversification et le fait d’intégrer une plus grande diversité d’acteurs, sur un périmètre spatial plus large, ont rendu nécessaire de mieux travailler ensemble »
Le ski, au service de la diversification
Si Super-Besse, Le Mont-Dore et Chastreix, les trois stations de ski du massif du Sancy, n’ont pas programmé, comme Metabief, leur fermeture pour 2030-2035, elles sont bel et bien engagées dans une trajectoire de mutation. Super Besse est celle qui a réalisé les investissements les plus massifs, avec des équipements comme une tyrolienne, un super coaster, une luge sur rail quatre saisons, un espace multi activités, avec bowling, mur d’escalade et trampolines … et une snow factory, qui produit de la neige sans additif à température positive, en utilisant de l’eau de captage.
Si ce choix d’investissement, coûteux (il représente plusieurs centaines de milliers d’euros), n’a pas la faveur des écologistes, il serait hâtif de conclure que Super-Besse fait partie de ces territoires « citadelle », qui nient le changement climatique et défendent mordicus le maintien du ski.
La snow factory est envisagée par Super Besse comme un investissement de transition. « Aujourd’hui, le ski reste l’activité la plus rentable qui permet d’investir dans la diversification de l’offre touristique, etc. », décrypte Luc Stelly, directeur de l’OTI. Ainsi, la snow factory n’alimente qu’une toute petite partie du domaine. « Elle est réservée aux pistes d’apprentissage du ski. Nous ne sommes pas du tout dans une logique où nous allons enneiger artificiellement les pistes noires ! », précise Luc Stelly.
La stratégie est donc claire : opérer un basculement progressif du ski aux autres activités, avec l’objectif de rendre la transition économiquement et socialement soutenable. Comment atterrir, le moins douloureusement possible ? C’est la question que se posent tous les territoires de montagne, sans avoir trouvé la formule magique, qui n’existe pas.
Dans le même esprit, les équipements liés au ski ne font plus l’objet d’investissements massifs, au-delà des exigences liées à la sécurité… Ils n’ont pas été démantelés, certes, mais ils n’ont pas été changés depuis dix ans. Et progressivement, l’idée que dans une dizaine d’année, certains équipements devront peut-être être démontés fait partie des hypothèses retenues par les élus. D’ores et déjà plus de 65 % de l’activité touristique a lieu sur la période Printemps-été-automne.
Des micro-adaptations et des micro-redirections chez les acteurs économiques
Reste une question, fondamentale dans ces trajectoires de transition : comment les acteurs économiques s’adaptent à cette nouvelle donne ? Renoncer à la manne du ski n’est certes pas une chose facile. Pour le loueur de skis qui faisait tout son chiffre d’affaires en trois mois, le réveil est difficile… La plupart des acteurs socio-économiques font pourtant preuve d’une étonnante capacité d’adaptation. « Les loueurs de ski se mettent à vendre du matériel de pêche ou louer des VTT et ils s’habituent à passer d’une activité à l’autre avec une grande agilité, en fonction de la météo », témoigne Luc Stelly. Ceux qui louaient des skis l’hiver et des vélos l’été sont désormais capables de faire le « switch » en 48 heures.
C’est toute une économie qui s’adapte aux effets du dérèglement climatique. « La rapidité avec laquelle les acteurs ont acté cette transformation est assez impressionnante. Au début, celle-ci était subie, au fil des années, elle fait partie de notre culture », analyse Luc Stelly.
« La rapidité avec laquelle les acteurs ont acté cette transformation est assez impressionnante. Au début, celle-ci était subie, au fil des années, elle fait partie de notre culture »
Et demain, un lieu de vie pour les « réfugiés » climatiques ?
Le réchauffement climatique n’a pas que des effets négatifs sur les territoires de moyenne montagne. « Quand les températures restent élevées la nuit, à Clermont Ferrand, au Sancy, le baromètre affiche moins de 10 degrés », résume Luc Stelly. Un atout sérieux pour repeupler les villages. « Aujourd’hui, les cadres qui travaillent dans le centre de recherche de Michelin, à Clermont, ne souhaitent plus s’installer en ville. Ils vont chercher la fraîcheur plus haut, des lieux où ils vont pouvoir aller nager le soir, faire du sport, etc. », témoigne le directeur de l’OTI.
La montagne devient un refuge face à l’élévation des températures, notamment pour ceux qui peuvent travailler à distance. Un nouvel atout dont les élus sont bien conscients et qu’ils accompagnent, en mettant à disposition gratuitement des espaces de coworking, ou en réfléchissant par exemple à des offres de location résidentielles couplées à des solutions de co-working, pour attirer des indépendants, des entreprises ou salariés en télétravail.
Certains acteurs ont d’ailleurs totalement anticipé un retour à la naturalité de ces espaces de moyenne montagne. Il y a quelques années, la mairie de Chastreix a vendu des terrains qui ont très rapidement trouvé preneurs. « Cela m’a beaucoup étonné, car dans dix ans, la station de ski sera peut-être fermée. Mais les acheteurs m’ont rétorqué : ce n’est pas grave, nous ne misons pas sur les locations hivernales. Ce lieu est à la porte d’une réserve naturelle, il retournera à la naturalité, et pour ces raisons, va devenir attractif dans les années qui viennent ». Les investisseurs en font le pari : la fin du ski ne sera pas forcément synonyme de désert. Et la preuve est faite que développement territorial et préservation du patrimoine naturel peuvent aller de pair…
*Trajectoires de diversification de l’offre touristique dans les territoires de moyenne montagne : réseaux d’acteurs et dynamiques apprenantes, Laura Rouch, Emmanuelle George, Laurent Rieutort, Dans Géographie, économie, société 2022/3 (Vol. 24), pages 339 à 362, Éditions Lavoisier
Interview d'Emmanuel Bonnet, Clermont School of Business
« Renoncer à l’or blanc du ski suppose d’inventer une autre relation à la montagne »
Emmanuel Bonnet, enseignant chercheur en études des organisations et redirection écologique à Clermont School of Business, a tissé des liens particuliers avec Chastreix, l’une des trois stations de ski du massif du Sancy. Un travail au long cours sur un territoire qui n’a ni tyrolienne, ni luge d’été, mais bénéficie de la proximité avec la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy.
Comment avez-vous été amené à travailler sur Chastreix ?
Mon approche est celle de l’ethnographie : j’aime explorer un territoire, prendre le temps d’enquêter auprès des habitants, sans avoir forcément au départ un sujet de recherche précis, pour laisser toutes les questions ouvertes. Et comme je m’intéresse à la moyenne montagne, le massif du Sancy m’a semblé un territoire intéressant. C’est le deuxième massif du Puy-de-Dôme, moins connu que la Chaîne des Puys. Il y avait aussi une question logistique, importante quand on souhaite faire un travail de fond, sur de longues années : c’est à une heure de l’endroit où j’habite.
Comment s’est déroulée votre enquête ?
L’idée, c’était d’aller à la rencontre des personnes, dans une situation d’écoute, d’observation, de participation et… de lenteur. J’ai passé un an à enquêter sans enregistrer les échanges.
En 2021, notre école a ouvert un master stratégie design pour l’anthropocène et Chastreix est devenu également un terrain de travail pour les étudiants, qui allaient enquêter quelques jours dans le massif du Sancy.
Sur quels sujets ?
Dès le départ, je n’ai pas voulu me limiter aux questions de l’avenir des stations de ski, leur fermeture ou les conditions de leur maintien. Je me suis aussi intéressé à la réserve naturelle et les étudiants notamment, se sont penchés sur les questions d’attractivité et d’habitabilité, de territoires sentinelles.
« La transformation du paysage et de nos repères n’est jamais anodine »
Que recouvre cette notion de sentinelle ?
C’est une notion issue de l’écologie scientifique. Ce sont les premières espèces faune et flore affectées par un changement qui bouleverse leurs conditions d’existence. Une espèce va ainsi migrer parce qu’elle n’est plus à l’aise dans son milieu habituel, voire, disparaître. Aujourd’hui, on observe notamment dans la réserve naturelle de Chastreix-Sancy la régression progressive de l’étage subalpin typique de la moyenne montagne, constitué des derniers arbres et des prairies herbeuses, un milieu riche offrant une belle diversité. C’est d’ailleurs pour conserver ce milieu que la réserve naturelle a été créée.
Comment sont vécues ces transformations par les acteurs concernés ?
La transformation du paysage auquel on a été habitué depuis l’enfance n’est pas anodine, parce qu’elle bouleverse tous les repères et suscite des inquiétudes pour l’avenir. L’Auvergne était considérée comme le château d’eau de la France ; aujourd’hui ce narratif ne tient plus car on sait que ces ressources sont limitées. Le déclin démographique est une source d’angoisse. Les habitants craignent la désertification et se demandent s’ils pourront continuer à habiter dans les villages.
Ce sont des sujets difficiles et conflictuels et l’un des objectifs de nos interventions était justement d’aider les habitants à en parler, à échanger leurs points de vue.
Quels sont les motifs de conflit ?
Pour le dire vite, personne n’est d’accord sur rien, en fait ! Si vous êtes agriculteur, gestionnaire de la station de ski ou habitant, vous n’abordez pas la question de la ressource en eau de la même manière.
La réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy est récente : elle a été créée en 2007. Elle est à l’évidence un atout important en termes d’attractivité du territoire. Mais il a fallu toutes ces années pour qu’elle réussisse son ancrage territorial et son « acceptabilité » sociale.
« Il faut s’y faire : il n’y aura jamais une substitution parfaite des revenus de la diversification et de ceux du ski »
Le changement climatique implique aussi une transformation des habitudes et tout le monde n’est pas prêt à l’opérer ?
Les mutations impliquent en effet des renoncements différents pour l’ensemble des acteurs, plus ou moins difficiles selon les situations. Un jour, il faudra probablement se résoudre à fermer la station de ski. Mais pour aller vers quoi ? C’est toute la question, qui n’a pas de réponse aujourd’hui. La diversification quatre saisons est en grande partie un mythe : on sait bien qu’elle ne remplacera pas la « manne » de l’or blanc, il n’y aura pas de substitution parfaite. Pour ceux qui vivaient de la montagne, l’atterrissage est difficile, voire douloureux.
Cela passe donc forcément par un « deuil » ou pour reprendre vos termes, un renoncement ?
Chacun va devoir faire avec moins d’argent, moins de ressources et imaginer de nouvelles manières d’exister en montagne.
Vivre en montagne, ce n’est pas forcément vivre de la montagne. Or on assiste aujourd’hui à de nouveaux comportements, notamment depuis le Covid. Je pense notamment à une habitante qui est venu s’installer à Chastreix et qui donne des cours de yoga. On sent une appétence nouvelle pour ces territoires ruraux qui ne sont pas très éloignés d’une métropole (Clermont-Ferrand), ainsi que des aspirations à d’autres modes de vie.
Cela rejoint le concept de sobriété intensive, que vous évoquez parfois ?
J’aime en effet beaucoup ce concept élaboré par mon collègue Nathan Ben Kemoun, que je trouve extrêmement prometteur. On associe souvent la sobriété à une privation. Être sobre, aujourd’hui, ce serait se priver de toutes les promesses de la modernité, du progrès technique, scientifique auxquelles nous avons cru pendant des années. Or Nathan Ben Kemoun avance l’idée que la sobriété peut être aussi une amplification de l’expérience. Ne plus skier, ce n’est pas entrer dans l’ère du vide, du rien, de la perte, c’est peut-être jouir avec une intensité oubliée des richesses du paysage, inventer de nouvelles possibilités de vivre en montagne.
Quand on a une réserve naturelle, pas besoin de tyrolienne ?
Cela me rappelle une réaction de Michel Babut, l’ancien maire de Chastreix, face à des consultants qui avaient évoqué devant lui le soi-disant « problème de diversification touristique » du village. Il m’avait dit : « Mais qu’est-ce qu’ils entendent par cela ? On n’a pas de luge d’été, par de tyrolienne, mais on fait de la diversification. Tous les ans on organise des balades théâtralisées, on a la fête de la citrouille, la fête de l’eau, etc » ». Des moments extrêmement sobres, mais où l’intensité de bonheur des enfants est très palpable. J’utilise souvent les vidéos de ces évènements pour expliquer aux élèves de notre école de commerce, « biberonnés » à l’effet waouh et au spectaculaire, qu’il y a d’autres voies possibles.
Michel Babut résumait bien les choses, quand il disait : pourquoi faire quelque chose, on a déjà tout !
« Notre société a développé une véritable addiction à l’addition »
Comment réagissent les différents acteurs à ces évolutions ? Avez-vous le sentiment que ces renoncements sont en cours ?
C’est très compliqué car nous avons baigné dans un monde « dopé » à l’addition : nous avons tous développé une addiction à l’addition.
« Toujours plus ! », pour reprendre le titre d’un vieil ouvrage de François de Closets, des années 80 ?
C’est notamment vrai pour les équipements sportifs ou culturels, comme le met en lumière mon collègue Diego Landivar dans ses travaux. Les métropoles se croient tenues à une prolifération d’activités sportives. Mais quel est le sens de faire de la plongée sous-marine à Grenoble ? Ne pourrait-on pas réduire l’offre, sans la désintensifier ?
Parce que le climat évolue, que nos ressources se raréfient, nous vivons un moment « soustractif » et la fin annoncée du ski est bel et bien une soustraction. Est-ce la fin de tout ? Il peut aussi y avoir des renoncements féconds, intenses, heureux ou du moins acceptés.
J’ai été très marqué par mes échanges avec Thierry Leroy, le conservateur de la réserve naturelle de Chastreix-Sancy. Il m’a parlé des changements qu’impliquait le réchauffement climatique dans son métier, avec l’apparition notamment d’une nouvelle pratique, qu’ils appellent « le deuil ».
Un conservateur est formé pour… conserver les espèces. Or, les conservateurs savent pertinemment aujourd’hui qu’ils ne pourront pas conserver certaines espèces ou alors dans des conditions totalement artificielles, dans des sortes de Zoo ou dans ce qu’on appelle parfois « l’écologie sous cloche », par exemple, ce qui n’est sans doute ni souhaitable, ni possible.
Ainsi ces professionnels dont toute l’identité professionnelle a été construite sur la conservation doivent aujourd’hui accepter que les milieux se transforment. Bien sûr ils sont affectés par ces transformations, mais leur discours n’est pas pour autant nihiliste… Ce n’est pas la fin de tout, d’autres milieux, d’autres espèces s’installeront.
Focus sur les travaux d’Emmanuel Bonnet
Emmanuel Bonnet est enseignant-chercheur à Clermont School of Business, membre de CleRMa et du collectif de recherche Origens MediaLab.
Ses recherches portent sur l’expérience d’apprentissage collectif et les pratiques d’enquête en milieu troublé : des situations de désorientation dans lesquelles personne ne sait ce qu’il a à faire et à apprendre.
Dans une perspective pragmatiste, il a amorcé un travail sur les organisations dans l’Anthropocène, s’intéressant aux modalités sensibles et vitales de l’apprentissage.
Il co-enquête avec des territoires et des organisations sentinelles (situés aux avant-postes des manifestations des limites planétaires comme le changement climatique), en particulier sur les modalités stratégiques et démocratiques de renoncement et de réaffectation des stations de ski, incarnées pas les communautés concernées en moyenne montagne.
Pour en savoir plus
Avec Alexandre Monnin et Diego Landivar, Emmanuel Bonnet a publié « Héritage et fermeture. Une écologie du démantèlement » aux éditions Divergences et a cofondé le MSc Stratégie & Design pour l’Anthropocène, en partenariat avec Strate École de Design.
Article réalisé par Valérie Lachenaud, journaliste