-
"Savoir bifurquer est essentiel dans nos démarches"
Engagée dans le projet de création d'une "Fabrique à initiatives économiques citoyennes", Sophie Bringy, responsable et coordinatrice de Vent d'Ouest, revient sur les enjeux et les métamorphoses du projet.
« L’idée de la Fabrique est de créer un dispositif de soutien à l’émergence de projets de transition écologique dans le cadre d’un collectif de quartier et d’une gouvernance partagée. »
Pourriez-vous nous présenter l’association Vent d’Ouest et son projet ?
Vent d’Ouest est une association d’habitantes et d’habitants engagés pour la transition écologique dans les quartiers sud-ouest de Caen, créée en 2019. Nous avons commencé par imaginer collectivement l’évolution du quartier en 2030, puis nous avons initié en 2022 le projet « Comm’un quartier en transition », pour concrétiser cette vision en développant des communs urbains.
Qu’est-ce que vous a apporté le soutien de l’ADEME ?
Nous bénéficions du dispositif de soutien à l’émergence et au développement d’écosystèmes territoriaux de coopération (ECT) déployé initialement par l’ADEME et ATEMIS. Celui-ci nous a permis de révéler notre écosystème de quartier, mais aussi ses manques et de nous projeter dans une nouvelle notion de « Fabrique à initiatives économiques citoyennes », destinée à cultiver un écosystème de quartier propice à l’émergence de projets de transition écologique d’initiative citoyenne et à leur pérennisation.
Comment avez-vous avancé sur ce projet de fabrique ?
La fabrique existe déjà au niveau de Vent d’Ouest : nous avons créé un écosystème en développant des partenariats autour de projets de transition écologique, comme le tiers lieu du réemploi, la toiture solaire, les enjeux de maraîchage. Ces projets sont vivants, ancrés dans le territoire et appréciés par la population. En revanche, on ne peut encore parler d’écosystème en ce sens qu’aujourd’hui, Vent d’Ouest est le seul à faire le lien : nos partenaires se connaissent mal ou ne travaillent pas encore entre eux.
Quelle différence avec le projet initial d’écosystème ?
L’idée de la Fabrique est de créer un dispositif de soutien à l’émergence de projets de transition écologique dans le cadre d’un collectif de quartier et d’une gouvernance partagée. Il s’agit de s’accorder sur une visée commune avec nos partenaires puis de coordonner nos moyens d’actions pour faire un pas de côté durable et décisif. Cela reste notre objectif, mais nous ne pouvons pas y aller à marche forcée. La transition écologique, c’est nouveau, on ne peut avancer que pas à pas, avec de nécessaires bifurcations.
Quelles bifurcations avez-vous opérées depuis le début ?
Elles sont constantes ! Pour prendre un exemple récent, nous nous sommes beaucoup rapprochés depuis un an de la ville de Caen, grâce notamment à la présence d’un élu, Nicolas Escach, maire adjoint à la ville durable et à la transition écologique, qui est comme nous dans une posture de coopération. Il n’impose rien, il est dans l’écoute, sans a priori et part toujours de la question « Qu’est-ce que l’on peut faire ensemble ? ». Les planètes se sont récemment alignées avec la collectivité, ce qui ouvre de nouvelles possibilités. Peut-être que la bonne échelle pour nous, ce ne sera plus le quartier, mais l’inter quartier. La trajectoire change, cette fois-ci non pas en raison de difficultés imprévues, mais parce que de nouvelles opportunités ont émergé.