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À Saint-Nazaire, Baobab fait fructifier la coopération

Baobab expérimente une autre façon d'entreprendre : la coopération territoriale. Parmi les projets que l’association accompagne, LOWRANGE transforme des peaux d'orange en produit ménager écologique. Ce projet met surtout à l'épreuve une méthode que Baobab espère voir essaimer sur tout le territoire.

Sur l'estuaire de la Loire, une conviction anime Baobab depuis sa création : le modèle économique dominant a fait son temps. « C’est lui qui est à l'origine des crises économiques, sociales et environnementales que nous connaissons. Il existe d'autres manières de créer de la valeur et des revenus. La coopération en est une », résume Emmanuel Nicoleau, délégué général de Baobab. 

Mettre en réseau et coordonner des acteurs locaux, souvent interdépendants sans le savoir, voilà ce qui occupe Baobab au quotidien. « Nous croyons à la force du collectif : notre rôle est d'accompagner l’essor de nouvelles coopérations économiques territoriales de transition », poursuit Emmanuel Nicoleau.

Loin de se cantonner à la théorie, la structure forme et accompagne les acteurs économiques du bassin de Saint-Nazaire, qu'ils soient publics et privés. Son cheval de bataille : l'Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (EFC) et le Revenu de Transition Ecologique (RTE, voir l’article sur Coop'Eco) qu'elle promeut activement. En lien avec l’Association Zoein France, Baobab fait notamment partie des sept territoires français qui expérimentent le RTE. 

 
LOWRANGE ou la coopération à l'épreuve du réel

Mais c'est par ses projets concrets que Baobab illustre le mieux sa philosophie. LOWRANGE, en est l'exemple le plus parlant. Cette innovation économique, co-conçue par des acteurs privés, publics et des citoyens du bassin nazairien, transforme des peaux d'orange en produit de nettoyage écologique. « Cela fait trois ans qu'on travaille sur la production de ce produit ménager. Depuis quelques mois seulement, des premiers flacons commencent à circuler sur l'agglomération de Saint-Nazaire. C'est une démarche qui se développe sur le temps long, ce qui n'empêche pas les différents acteurs embarqués d'être toujours là et motivés pour engager la suite », se réjouit Emmanuel Nicoleau.

Retour en arrière : en 2023, une salariée du Groupe Facility, une entreprise de propreté locale, suggère de mettre au point un nettoyant écologique. L'entreprise découvre qu'il est possible d'en formuler un efficace à base de résidus d'agrumes, de vinaigre blanc et d'eau. La rencontre avec Baobab donne l’impulsion nécessaire au décollage du projet. Assez vite, plusieurs acteurs acceptent de se revoir régulièrement pour concevoir ensemble ce fameux nettoyant, dans une logique de coopération. Ce projet à taille humaine est soutenu notamment par l'Ademe et la région Pays de la Loire.  

Baobab, garant de la coopération

Trois ans plus tard, ce qui n'était qu'une intuition est devenu un véritable écosystème coopératif territorialisé, réunissant des structures aux profils radicalement différents : 
une PME de propreté qui participe à la distribution des oranges lors de ses tournées de nettoyage, une jeune pousse spécialisée dans les technologies low-tech qui a conçu une installation de macération, l'IUT de Saint-Nazaire dont les étudiants en génie des procédés ont mis au point la formulation, une entreprise d’insertion professionnelle appelée à collecter les peaux d'orange et fabriquer le produit, une épicerie associative qui fournit les oranges bio, ainsi qu’un laboratoire d’intervention recherche, ATEMIS. « Créer un produit nettoyant bio, c'est facile. Mais tenir les différents enjeux écologiques et sociaux grâce à la coopération au sein d'un écosystème, l'est moins », analyse le délégué général de l’association, qui décrit Baobab comme le « garant de cette coopération et intégrateur des nouveaux acteurs », en s'appuyant sur le référentiel EFC.

Une méthode qui essaime

Fort de cette philosophie, l'association porte d'autres projets bâtis sur le même principe de coopération territoriale : Les Tablées Scènes, qui lutte contre la précarité alimentaire des personnes sans abri à travers des produits locaux et bio, ou encore Seconde Main, qui vise à faciliter l'accès au logement social pour les jeunes actifs. Là encore, plusieurs acteurs coopèrent. La preuve qu'à Saint-Nazaire, l'expérimentation d'un autre modèle économique ne fait que commencer.

 

 

« Nous croyons à la force du collectif : notre rôle est d'accompagner l’essor de nouvelles coopérations économiques territoriales de transition »

Emmanuel Nicoleau, Délégué général de Baobab

Contact : 

Emmanuel Nicoleau, [email protected]

Site internet : 

Site de Boabab

 

 

Article réalisé par Eric Allermoz, journaliste

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