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Le projet en deux mots
Le projet GRIPA vise à définir une approche par modélisation numérique pour l’évaluation du risque de contamination aéroportée d’un agent infectieux au sein des environnements intérieurs afin de pouvoir élaborer des stratégies de réduction adaptées et efficaces en termes de gestion des bâtiments.
Contexte et enjeux
Dans un contexte de crise sanitaire liée à la pandémie virale du COVID-19, de nombreuses questions se posent quant à l’exposition aux virus respiratoires dans les bâtiments du fait des très nombreux paramètres pressentis influant sur la propagation virale dans l’air des espaces clos. Aussi, et selon l’usage d’un environnement intérieur et la nature de son système d’aération, la question est de savoir quelles sont les possibilités d’actions d’un maître d’ouvrage ou d’un gestionnaire pour minimiser les risques de dissémination d’une contamination biologique/virale.
Plusieurs guides ont été édités à la suite de la première vague de contamination au COVID-19, dressant un ensemble de recommandations de gestion des bâtiments. Cependant, ces derniers se fondent sur les connaissances actuelles vis-à-vis de la gestion de la Qualité d’Air Intérieur (QAI) sans tenir compte de spécificités associées au risque viral.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif général du projet GRIPA est de définir une approche par modélisation numérique pour l’évaluation du risque de contamination aéroportée d’un agent infectieux au sein des environnements intérieurs afin de pouvoir élaborer des stratégies de réduction adaptées et efficaces en termes de gestion des bâtiments. Ces travaux constituent ainsi une aide à la compréhension et la gestion de crise sanitaire et peuvent également servir de base pour s’adapter et/ou anticiper de nouvelles situations de crise.
Une des originalités de ce projet réside dans l’intégration d’une approche multi-échelle consistant à modéliser finement l’émission des virus respiratoires, afin d’en déduire des modèles pouvant être utilisés dans des simulations numériques plus macroscopiques d’évaluation de la thermo-aéraulique et de la QAI des bâtiments. Ces travaux permettent ainsi de proposer des recommandations de gestion des bâtiments et des usages en termes d’avantages et de limites.
Synthèse des résultats
Après une analyse détaillée des recommandations internationales et de leurs mécanismes de réduction de transmission, des scénarios de simulation basés sur des paramètres et hypothèses réalistes ont permis d’évaluer l’efficacité des mesures dans des environnements intérieurs, notamment les bureaux, les salles de classe, l’espaces de restauration, et l’espaces de commerce. Cette démarche a permis d’évaluer l’impact relatif de divers paramètres sur la probabilité de contamination : temps d’ouverture des fenêtres, système de ventilation (débit d’air neuf et durée de fonctionnement), porte de masque, recirculation d’air et distance interindividuelle. Il a ainsi été possible d’identifier les facteurs les plus déterminants et de préciser les mesures prioritaires pour réduire efficacement le risque de transmission virale.
Application et valorisation
Cette étude a mis en évidence que les mesures les plus efficaces sont celles qui limitent l’exposition directe aux particules infectieuses (port du masque, renouvellement rapide de l’air). Le modèle développé permet non seulement de quantifier le bénéfice de chaque mesure, mais aussi de justifier les recommandations sanitaires sur des bases scientifiques solides.
Appliquée à différents usages de bâtiments, en fonction de leur typologie et de scénarios de gestion d’occupation et d’utilisation des systèmes de ventilation et de climatisation, les résultats de ces développements ont notamment souligné l’importance d’une approche combinée et contextuelle, adaptée à chaque type d’environnement, pour garantir un niveau de protection optimal contre les virus respiratoires transmis par voie aérienne.
Ces résultats fournissent ainsi aux maîtres d’ouvrage et autres parties prenantes des recommandations argumentées pour la gestion des bâtiments vis-à-vis du risque de propagation virale.
Coordinateurs
- Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB)
Partenaires
- Centre Nationale de la Recherche Scientifique (CNRS)
Localisation du terrain d’étude
- France, National
Détails du projet
- Début de projet : janvier 2022
- Durée/mois : 42 mois
Montant total du projet
- 561 261 euros
Montant de l’aide ADEME
- 242 217 euros